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mutualiser

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« Il faut que tout change pour que rien ne change »

Le Guépard (Visconti)

L’ensemble des CSC du Bas-Rhin, bien que possédant une charte de valeur identique et un cadre administratif unique (l’agrément CAF), est structuré autour d’une multiplicité d’associations de base toutes juridiquement indépendantes les unes des autres.

Il est nécessaire de réfléchir à la réorganisation de cet ensemble dans un environnement socio-économique en constante mutation : cadre réglementaire, comptabilité publique, gestion des ressources humaines, évolution du bénévolat, conventionnement, politique publique, etc.

Dans ce contexte il s’agit d’assurer l’avenir politique du modèle CSC plus certainement que d’assurer sa seule survie économique face aux appels d’offres, mises en concurrence ou en régie.

Ainsi, dans la perspective de valorisation du projet des CSC porté par les habitants, la mise en commun de moyens et d’activités semble primordiale pour :

  • Améliorer la qualité de l’action : Cette mise en commun de moyens a comme objectif premier l’amélioration de l’action au cœur des territoires. Elle doit permettre aux habitants militants de concentrer leurs engagements sur le projet d’animation globale porté par l’association. Par ailleurs, la mutualisation tire vers le haut les exigences de qualité de service en direction des usagers ;
  • Réaliser des économies de gestion : Celles-ci concernent tout particulièrement les fonctions supports (négociation de marchés pour la téléphonie, les équipements informatiques, l’achat de fourniture, l’entretien ou l’assurance, etc.…) ;
  • Obtenir des gains de productivité et diminuer les risques: le regroupement vise à réaliser des gains de productivité pour l’ensemble des CSC par la mise en place par exemple d’une plateforme unique pour la comptabilité, le juridique, la GRH, etc. La mutualisation des moyens évite la dispersion des efforts, permet l’harmonisation et l’homogénéisation des pratiques ainsi que le maintien et le développement d’un niveau d’expertise élevé, face par exemple à la complexification de certaines législations et l’émergence de nouvelles missions. Elle favorise une gestion des ressources humaines dans un ensemble plus important en volume que l’association de base.

La mutualisation semble être devenue un horizon incontournable pour nombre d’organisations. Pour autant, la notion de mutualisation reste ambigüe. Nous pouvons nous interroger sur ce terme qui englobe des réalités multiples aux frontières poreuses.

Certains utiliseront l’expression pour se référer à des échanges de bonnes pratiques, à une simple coopération, à de l’entraide occasionnelle sans formalisme dans les procédures. Nous pouvons dire que notre réseau se situe aujourd’hui à cette étape du processus.

D’autres considèreront comme objectif final une réorganisation en profondeur aboutissant à la mise en commun permanente et obligatoire de moyens pour le compte de plusieurs associations. Notre réseau a-t-il comme projet de s’inscrire dans ce changement ?

Il semble délicat de donner une définition unique de la mutualisation, les situations qu’elle recouvre variant selon les champs d’activités.

Il convient également de distinguer cette notion de trois autres concepts :

  • La coopération qui correspond à une mise en commun ponctuelle de moyens,
  • La solidarité qui permet à un CSC de bénéficier ponctuellement de l’aide d’un autre CSC en cas de difficultés dans l’exercice d’une mission,
  • L’externalisation qui consiste à déléguer certaines tâches données à des prestataires extérieurs aux CSC.

La mutualisation doit avant tout permettre d’accroître la qualité de l’action des CSC et donc une valorisation et une reconnaissance de la pertinence de leur projet aux services des habitants. Si elle permet de dégager des économies de gestion et des gains de productivité, ce doit être dans l’objectif de redéployer des moyens nouveaux en action et en développement.

Mais pourquoi vouloir travailler ensemble ?

Cela ne se décrète pas mais se prépare et s’organise. Pour réussir une mutualisation, il faut qu’elle soit ancrée dans la stratégie globale que ce soit en termes de stratégie politique, économique et de valorisation du projet. Cela entraîne forcément, au sein de chaque association, une modification de l’organisation du travail, des habitudes à changer, des peurs à lever, la création d’interdépendances. Mutualiser implique de se poser des questions pour trouver la configuration adaptée à chaque situation, de déterminer ce que l’on veut recevoir et ce que l’on peut apporter, ce qui n’est pas « partageable ».

 

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